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JE VEUX DU FRIC !

 [Mi-Juillet] Sorrow.

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[Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 19 Sep - 0:29
Je dors mal, réveillé sans cesse par la peur d’entendre le son des pas traînants d’un zombie. Depuis que j’ai perdu mon seul ami et allié dans cet enfer, Logan, je suis sur les genoux. Ais-je dormis une seule nuit correctement ? Mangé à ma faim ? Je ne m’attendais pas à ce qu’un humain puisse vivre pareil cauchemar. Maya avait raison, tellement raison, je suis si naïve. Je soupire, allongée sur un lit dans une maison abandonnée. Ça ne sert à rien d’essayer de dormir, de toute façon, il fera bientôt jour. Il est cinq heure, je pose ma main sur mon ventre, les yeux grands ouverts sur la pénombre. Je m’imagine cet enfant tant attendu, sera-t’il un jeune garçon aux cheveux blonds ? Ou une petite fille aux grands yeux bruns ? Je sens mes propres mirettes s’humidifier, j’ai tellement peur, abandonnée dans la ville, sans Seth, sans Logan, sans River pour me soutenir. Je suis terrifiée à l’idée d’échouer en tant que mère, de décevoir cet embryon de vie que j’aime déjà plus que mon existence. Un pincement au cœur me fait gémir, comme souvent quand je pense au danger qui rôde dehors et peut m’arracher à ma maternité. Je sens glisser deux larmes le long de mon visage, je suppose que les hormones me jouent un tour. Ou la vie. Sacrée farceuse…

Dans le noir, je me dirige à tâtons vers mon sac de voyage, j’ai le ventre tordu par la faim, mais il ne me reste plus rien, je renifle avec vigueur. Tous les matins, c’est le même cirque, je lutte contre les larmes, contre les nausées, contre à peu près tout ce bordel. Je glisse le long du mur, à côté de mon sac vide, enserre mon ventre avec mes bras et ferme les yeux.

« Pardon bébé, je murmure, maman t’aime mais… ah, j’ai l’impression d’être la pire mère de l’univers. Bord-… N’écoute pas maman, mon chou, elle dit des choses pas belles. »

L’instinct maternel est déjà fort chez moi, je sais que ce n’est pas le cas de toutes les femmes, certaines ne le développent jamais, d’autres l’ont très tard pendant la grossesse. Certaines, traumatisées par l’accouchement, doivent le recréer. L’amour maternel immédiat est une fiction, ce n’est pas un lien naturel, il faut le créer, comme quand on rencontre quelqu’un. Fort heureusement, le fait que ce bébé soit mon seul compagnon et ma bouée de secours, j’entretiens déjà une relation maternelle forte avec ce petit bout de vie. Je souris bêtement dans le noir, je sais, je sens déjà que je l’aime plus, du moins différemment, des autres gens. River, maman, Maya, tous… ils me semblent si loin, si distants, comme si mon univers se résumait à mes discussions avec mon ventre qui refuse de gonfler et la fuite incessante en avant.

« On va devoir aller faire les courses… je te montrerai bébé, quand tout sera redevenu normal. On ira dans un magasin, on prendra toute la nourriture qu’on aime et on paiera. Il faudra bien être poli avec les gens, d’accord bébé ? »

Combien de fois ais-je promis à mon nombril de faire les courses dans un monde redevenu normal ? Combien de fois ais-je fermé les yeux en priant pour les rouvrir dans un monde civilisé ? Combien de jours à fuir ? Et de nuits à frémir ? Je suis stupide de me plaindre au lieu de me bouger les fesses, je décide de rassembler mes maigres affaires et quitter cette planque dans l’espoir de trouver de quoi manger. Je visite les maisons de la rue avec prudence, je profite du fait qu’il n’y ait pas de zombies dans la zone, mais j’ai comme l’impression que d’autres sont passés avant moi. Il me faut lutter contre le dégoût, tant face à la nourriture pourrissante mais aussi confrontée à des mares de sang dans certaines maisons, des corps en décomposition. Certaines visions sont insoutenables, des familles qui s’enserrent dans la mort, des mères ayant à moitié dévoré leurs enfants… Le pire, c’est sans doute ses cadres photo oubliés dans des maisons pillées, je m’attarde sur chaque visage, chaque sourire, sur les regards des gens, les souvenirs. Je m’imagine, sur ce papier glacé, entourée d’un poupin aux yeux bleus, Maya, River et ma mère. L’image me fait rire, ma mère serait probablement occupée à essayer de me piquer mon enfant, Maya raconterait mes pires exploits à River et il nous serait alors impossible de prendre une photo normale. Cette image, je le crains, n’existe que dans mon imagination. Un fantasme. Je suis probablement la seule vivante, je sais que l’épidémie a débordé sur l’Amérique entière, happant ma famille et mes amis et River… qui aurait pu survivre aussi longtemps ?

Je quitte une énième maison en soupirant, j’ai grignoté des Princes rassis, récupéré deux bouteilles d’eau encore fermées et un pull tout doux. Je regarde le ciel, il s’est assombri si rapidement, avant-hier le temps était clément, aujourd’hui il bruine. Je sors de mon sac la veste verte qui date de mon arrivée dans le camp de Seth, elle sent le chacal mais elle est chaude et résiste à l’eau. Le vent de l’Est charrie des nuages sombres, je devine qu’il ne me reste que peu de temps avant de devoir trouver un abri. Tant pis pour la nourriture, je vais devoir me réfugier quelque part et attendre que l’orage passe. Pas question de risquer une pneumonie !

J’escalade un jardin et trouve la porte arrière ouverte. Je la pousse avec appréhension. Le rez-de-chaussée est silencieux, je sens l’angoisse me tordre les boyaux, bien pire que d’habitude. J’essaie de raisonner calmement, s’il n’y a pas de bruit, c’est bon signe, non ? A ce moment, j’ignore totalement que les morts-vivant, faute de stimuli, se mettent en « veille » en attendant le son d’un être vivant. Je m’aventure du salon à la cuisine ouverte, je passe la main sur la surface froide en pierre, récoltant de la poussière, j’ouvre aussi doucement que je peux les placards, enfourne dans ma bouche la précieuse tablette de chocolat que j’y trouve et continue vers le couloir. Il donne soit sur les escaliers plongés dans la pénombre, les toilettes au fond ou une nouvelle porte guidant vers une buanderie/garage. On ne sait jamais, il pourrait y avoir des provisions ? Il fait sombre mais ma montre à une petite lumière, je m’engouffre dans la porte béante, un peu stressée. Et tout dérape, plongée dans le noir, mon ouïe aiguisée perçoit un trainement. Ils sont là. Tout près. Trop près. J’ai merdé, j’ai merdé ! NENUFAR ! ! Je sens son horrible odeur, il me faut toute ma maîtrise pour ne pas vomir séance tenante. Je ne dois pas haleter, je ne dois pas gémir, pas paniquer. Mais même le son de mon cœur raisonne atrocement dans le noir. Je recule inconsciemment, heurte un établis et c’est le cauchemar. Deux ombres se découpent dans l’ouverture du couloir, ils s’approchent. Je suis coincée. C’est fini. Mon bébé… Je sens mon esprit voler en éclats, écrasée par la peur et la colère. C’est si stupide, une journée comme un autre en pleine fin du monde, une maison ordinaire et… ET JE VAIS MOURIR !

Dans un ultime sursaut, j’attrape au pif un outil sur la table et le lance fort contre l’entrée du garage, par chance, l’objet en métal rebondit contre l’habitacle d’une voiture et s’échoue contre un pot en verre, le brisant. Le bruit est assez fort, les zombies se dirigent par-là, je m’élance vers la sortie de la pièce. Un autre m’attend dans la cuisine, j’heurte l’angle d’un meuble sans y faire attention, toute à ma fuite. Je ne pense qu’à mon bébé, le sauver, le sauver par-dessus tout. Je saute hors de la maison, glisse sur la terrasse et grince. La peur ancrée dans le ventre, j’escalade la barrière, tombe de l’autre côté, ma course frénétique semble avoir réveillé tous les zombies du quartier. Tout se confond à mesure que je fuis, je tombe, me fais griffer, fouetter, lyncher par les branches ou les grillages, je cours, toujours plus loin dans le quartier résidentiel abandonné. Je finis par trébucher sur un morceau de bois, vautrée contre le sol j’attends. J’ai si mal au ventre, à la tête, aux jambes, le souffle court, j’attends. J’attends la fin, ou le silence. J’attends de pouvoir entendre autre chose que mon sang qui bat à mes tempes, mais le manque d’air me fait tourner la tête, ma vue se trouble, comme si je faisais de l’anémie. Je me recroqueville au sol, lâchant prise. Tant pis, tant pis pour mon bébé, je caresse mon ventre et lui souffle : « ne t’inquiète pas, maman ne te laisse pas, on part ensemble ». Mais rien ne vient, pas de douleur, pas de morsure, rien. Excepté cette douleur dans les tripes et au cœur. Je finis par tenter de m’asseoir et, le souffle saccadé, je regarde plus bas. Je suis trempée. De sang. Je… saigne. Je… Je cligne de yeux et crois sentir mon ventre se vider. Je… mon bébé… mon bébé… Je me traîne dans une maison au hasard, je me hisse dans la salle de bain, nue, et me couche dans la baignoire. Je serre mes mains sur mon ventre, comme pour retenir le sang. Tout ce sang… c’est terrible… J’ai si peur… mon bébé…

Je m’endors en pleurant, épuisée. Un éclair de douleur manque de me faire hurler, je me réveille en sueur, je recommence à saigner, je pleure comme une folle, je gémis des suppliques, demandant à mon enfant de ne pas partir… Agrippée aux rebords de la baignoire, je comprends d’instinct que je suis en train d’accoucher. Mais c’est trop tôt… Une fausse-couche. Je perds mon bébé, mon espoir, mon rayon, ma vie…

Je crois que ça dure une heure, peut-être plus, peut-être moins, je souffre atrocement, je sens les contractions et je finis par être à moitié consciente, vidée de toute énergie par la souffrance qui m'assaille par vagues. Je reste là, nue, à crever de froid et de malheur. Je ne peux même plus pleurer, je n’y arrive plus. Je suis morte. Vide. Je n’existe plus. Les yeux ouverts, je contemple mon malheur. Et puis… le contraste du blanc et du rouge me vrille les yeux, j’ouvre mes bouteilles et essaie de me nettoyer. J’attrape une serviette, chute, mais je ne fais rien pour me rattraper. Je reste longtemps, roulée en boule dans ma serviette qui gratte, la joue posée contre le sol. J’essaie de mettre des mots sur mes sentiments, mais j’ai juste l’impression de vivre la mort. Je n’étais plus qu’un récipient pour notre enfant, je comptais retrouver River et élever cet enfant dans la joie. Mais à quoi bon ? J’ai trahi tout ce qui me restait, la mère en moi, mon enfant, son père. Il ne me reste qu’à attendre.
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 19 Sep - 12:17
La chaleur de l’été rend l’air lourd et le temps orageux. Le ciel ne cesse plus de se déchirer et malgré tout, il faut avancer. Josh s’est renfermé depuis la journée terrible où nous avons bien failli y passer, lui, Dylan et moi. Il refuse de me parler comme si j’étais responsable de tout ce qui s’est passé et comme je n’arrive pas à lui en vouloir, je le laisse faire. S’il a besoin d’un coupable pour éviter de sombrer dans des pensées trop noires, je prends. Le protéger, toujours le protéger. Je n’ai plus aucun but à ma survie à part celui-ci. Comme s’il avait été mon propre fils, je peine à m’endormir la nuit pour garder un oeil sur lui. La situation ne durera pas éternellement comme ça, et quand tout partira en couilles, je sais que ça sera violent. En attendant, je veille sur le petit soldat, en priant pour pouvoir un jour lui rendre une vie acceptable. Parce que la vie ici, elle n’a plus aucun sens. On tourne en ronds comme des bêtes en cage, en essayant de survivre un jour, une heure de plus. Plus personne ne fait attention à nous, comme si la ville était tombée aux mains des zombies. Je n’espère plus un geste de la part du gouvernement, ce qu’il nous faudrait maintenant c’est carrément Superman. Il y a de moins en moins de vivres, à force que tout le monde soit obligé de tout piller, et dans toutes les maisons c’est comme si des dizaines de cambrioleurs étaient venus se remplir les poches. Avec la chaleur en plus, l’eau devient plus rare. Il faut se battre tous les jours pour ne pas en manque, parce que nous savons tous que ce serait la fin. Et la fin de quoi ? Je ne sais pas. Je ne sais plus pourquoi survivre, pourquoi se battre.

Je traîne des pieds entre les maisons. Il sera bientôt temps de trouver un abri, le ciel est de plus en plus noir. Il ne nous faut pas longtemps pour trouver une maison ouverte, contrôler qu’elle est vide et la fermer comme on peut. Je laisse Josh et Dylan au rez-de-chaussée pour grimper et trouver une chambre. Je commence à avoir mal au dos, faut croire que c’est la vieillesse qui arrive. Tranquillement, avec des gestes las, j’ouvre la fenêtre et j’allume une cigarette que j’ai volée à Josh. La fumée me brûle la gorge mais je ne bronche pas. Il semblerait qu’on perd rapidement l’habitude finalement. J’attends, je m’endors presque debout, accoudé à la fenêtre. Et brusquement, c’est un bruit qui me fait sursauter. Quelque chose dans l’obscurité, quelque chose de métallique peut-être, et après plein de zombies. Ils se rapprochent de la maison où nous sommes à cause de ce qu’un connard a balancé par là. C’est pour ça que je décide d’aller voir qui a bien pu avoir cette sale idée.

Sans trop me presser, je me détache de la fenêtre et descends les escaliers en vérifiant que mon flingue est toujours bien à ma ceinture. Ce serait con quand même. Il est là, sagement calé contre moi. Quand je passe devant le salon, Dylan ne me semble pas être là. Elle a du partir dormir, alors je ne prends pas la peine de prévenir Josh non plus. De toute manière il ne me répond qu’une fois sur deux alors à quoi bon ? Je pousse la porte et la referme derrière moi avant de prendre la direction de la source du bruit. Un petit tas de zombies se déchaîne ici et je ne prends pas le risque de trop m’approcher, intrigué quand même de les voir aussi excités. Pour de la feraille ? Ils ne prêtent même pas attention à ma présence, et pourtant je suis loin d’être un as de la furtivité.

Prêt à repartir, je remarque les traces de sang qui tâchent le sol par endroit. Elles sont légères, à peine des petites gouttes de temps à autre, pourtant le rouge me semble plus criant que jamais. Il y a quelqu’un ici, et si j’en juge par la couleur, le sang est frais. Quelqu’un qui s’est fait mordre ? Quelqu’un qui est blessé ? Un piège ? Je tends l’oreille et n’entends pas un bruit. Vachement discret quand même pour un piège. J’hésite à faire demi-tour, et je détourne à peine la tête que ma conscience me hurle dessus. Il faut que j’aille voir. En essayant de faire le moins de bruit possible, je me glisse jusqu’à la porte où semblent s’arrêter les traces, et je l’ouvre. J’essaie d’être prudent, je me glisse dans chacune des pièces en appelant à voix basse. Si ça se trouve la personne est déjà partie ? Peut-être qu’il y a encore plein de zombies à l’intérieur ? Je ne sais pas, et parce que je ne sais pas je me force à continuer. J’ai le sentiment que je vais tomber sur quelque chose d’atroce, mais je m’attends plus à quelqu’un à moitié dévoré que ce sur quoi je tombe en vrai.

Je suis prêt à quitter cette maison apparemment vide, et quand je pousse une dernière porte mon sang ne fait qu’un tour. Sur le sol, une gamine à poil. Je ne comprends pas tout de suite, mais je m’approche d’elle sans hésiter. Mes doigts glissent sur son cou à la recherche d’un pouls, et quand je l’entends respirer je soupire de soulagement. Je m’imagine des tonnes de scénarios qui auraient pu la conduire ici, toute seule. Elle n’est plus trop couverte de sang mais il y en a partout. Mais ce qui compte maintenant, c’est de la sortir de là. Je l’attrape comme je peux pour la soulever, et en même temps je crois que j'essaie de lui parler. “Eh tu m’entends ? Ça va aller ok, qu’est-ce que tu fais seule ici ?” Aucune réponse ne vient, mais quand je sors de la salle de bains pour aller la coucher sur un lit, c’est sur quelqu’un que je connais bien que je tombe. “Qu’est-ce que tu fous là Josh ?” Dans le fond, je suis content de le voir ici. Je n’ai pas envie de débattre encore de notre place ici, de mon alcoolisme et que sais-je encore, mais sa présence reste néanmoins rassurante. Alors sans le chasser mais sans l’accueillir à bras ouverts non plus, je lui fais signe de m’ouvrir la porte à sa gauche. Si je me souviens bien c’est une chambre, et je pourrai poser la petite demoiselle sur un lit pour essayer de la ramener à nous. La voilà ma raison de survivre encore un peu, essayer d’aider du plus que je peux ceux qui ont besoin d’être sauvés. Et en sentant le petit corps frêle trembler dans mes bras, je me souviens que c'est par choix que je suis venu dans cet enfer. Parce que je sais que l’humanité vaut mieux que ça.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 19 Sep - 13:36
Droite, gauche, droite, gauche, droite... Je me demande où je trouve encore la motivation de mettre un pied devant l'autre. Je traîne, comme si mon corps tout entier se faisait de plus en plus lourd. C'est la culpabilité qui pèse sur mes épaules. Toutes les nuits, et le jour aussi, je revois encore et encore cette pauvre femme prendre ma défense et exposer son enfant à venir aux coups de ces tarés. Elle a donné sa vie et celle de son bébé pour la mienne, mais je ne mérite pas tant. Qu'est ce que je mérite ? Probablement rien. Je ne suis qu'un déchet, une ombre de moi-même, incapable de rien. Je ne suis même pas capable d'afficher un sourire satirique en repensant à nos rêves de sauvetages héroïques, à Bruce et à moi, au début de toute cette merde.

Bruce, je lui jette un bref regard pendant qu'il me tourne le dos. Chaque fois que je pose les yeux sur lui, je repense à cette journée. A ces gens qui avaient sombré dans le désespoir le plus total et qui avaient pété les plombs, et à la manière dont Bruce les a tous abattu un par un. J'en ai un frisson détestable. Je n'ose pas voir un tueur quand je pose les yeux sur celui qui m'a quasiement servi de père pendant de longues années, pourtant c'est ce qu'il est devenu ce jour là. Malheureusement je reste persuadé que les choses auraient pu être différentes si l'on avait été sobres et responsables. Si l'on ne s'étaient pas jeté tête baissée dans le piège, et si l'on avait montré un minimum de diplomatie envers ces gens sans repères.

Alors maintenant, je n'ai plus la prétention de vouloir sauver l'humanité. Je continue de vivre jusqu'à rencontrer mon indéniable sort, voilà tout. J'aurais pu me tirer une balle, ou me jeter d'un immeuble, c'est vrai, mais je ne suis pas désésespéré. C'est une simple fatigue, une lassitude constante qui me retient en arrière pendant que j'essaye d'aller de l'avant. Pourtant je m'accroche, parce que ce serait injuste et égoïste d'entraîner Dylan dans cette morosité morbide. Alors quand on choisi un abri pour la nuit, je m'applique à vérifier la maison, comme à chaque fois. L'endroit semble sûr, et dans un presque silence, après quelques mots seulement, chacun vaque à ses occupations. Dylan va se coucher et je prends le temps de vérifier mes armes tant que la lumière le permet encore avant de m'allonger sur le canapé puisque Bruce a disparu.

Je met un certain temps avant de fermer les yeux, et quand enfin j'ai l'impression que je peux m'endormir sans trop de sombres pensées, j'entends ce bruit de pas si caractéristique. Je pourrais la reconnaître entre mille, la démarche de Bruce. Je me demande ce qu'il peut bien fabriquer, mais pourtant je n'ose pas bouger. Je n'ai aucune envie d'entamer la conversation avec lui maintenant, alors je feins le sommeil en l'observant d'un oeil entreouvert. Mon coeur se serre soudainement quand j'entends la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Qu'est ce qu'il fabrique ? Je me fige et je tends l'oreille pour tenter de capter le moindre bruit. Où est-ce qu'il va ? Est-ce qu'il s'en va ? L'angoisse me fait brutalement bondir sur mes pieds. J'ai beau dire ou penser ce que je veux sur cet alcoolo misérable, je ne parviens pas à m'en défaire tout à fait. Il est mon dernier repère de ma vie d'avant. Je ne peux pas croire qu'il se fasse la malle comme un voleur, sans un mot, sans une explication ! J'attrape mes affaires, je saute dans mes chaussures, et sans même penser à prévenir Dylan, je me lance à la poursuite de Bruce. Ca ne prendra pas longtemps, j'en suis certain, il ne peut pas être bien loin.

D'ailleurs je le vois un peu plus loin dans la rue. Aussitôt la crainte de l'avoir perdu s'apaise, et je ne veux surtout pas qu'il me voit inquiet. Je referme avec soin la porte derrière moi, et je me lance discrètement sur ses traces. Je suis trop préoccupé par lui pour capter qu'il suit lui-même une trace, et je commence à m'inquiéter de son but quand je repère le groupe de zombies devant lequel il vient de passer. C'est dangereux par ici, beaucoup trop dangereux pour faire une balade en solo. Alors je serre nerveusement mon arme contre moi, et j'accélère le pas. Je le vois s'engouffrer dans une maison, mais le temps que je ne pousse la porte à mon tour, il a déjà disparu. Enfer ! Est-ce que je me suis trompé de maison ? Impossible ! Je ne peux pas être si con ?! Je m'interroge tout de même, plus nerveux que jamais, et quand je suis prêt à faire demi-tour pour m'assurer qu'il n'est pas retourné dehors par la porte de derrière, un bruit de porte retient mon attention. J'entends Bruce ! Il parle tout seul ? ... Je me demande ce qu'il peut bien fabriquer encore, alors cette fois je me décide à le confronter. Je marche tout droit vers le bruit, et j'espère seulement ne pas le trouver une bouteille à la main.

Surprise quand je le vois apparaître avec un corps dans les bras ! J'ai un bref geste de recul, parce que je ne comprends pas tout de suite que la fille qu'il porte est vivante, et puis sa question me fait relever la tête. "Je t'ai vu partir." Je n'ai certainement pas envie de me justifier auprès de lui, alors il se contentera de cette réponse. A la place, je réponds à son geste pour lui ouvrir en lui libérant le passage. Je m'avance ensuite timidement dans la chambre, sans oser m'approcher de trop. "Qu'est ce qu'il s'est passé ?" Un peu méfiant, j'interroge le policier alors qu'il allonge la fille avec soin sur le lit de la pièce. La pauvre fille n'a vraiment pas l'air bien. Est-ce que c'est lui qui a fait ça ? Je ne l'ai pourtant laissé seul que quelques minutes. Dans quoi est-ce qu'il s'est encore foutu ? Mon regard va de lui en elle et de elle en lui, à la recherche désespérée d'un quelconque indice. Quelle vie de merde.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 19 Sep - 15:04
Je laisse mon esprit divaguer, mais étrangement, je suis calme, totalement. C’est un peu effrayant, comme si je n’avais pas de cœur. Je ne pleure pas, je ne crie pas, je ne panique pas. Je regarde dans le vide et sans m’en apercevoir, je m’enfonce dans un sommeil lourd et comateux. Je ne fais pas attention au fait que je n’ai pas mangé depuis longtemps, que je suis presque nue en proie au froid laissé par l’orage qui vient de passer. Les limbes du sommeil m’apparaissent comme des amies, mais je ferme les yeux comme si je n’avais plus l’envie, plus la force de les ouvrir à nouveau.

L’esprit embrumé par une sorte de ouate poisseuse, je réagis à peine alors que j’entends quelqu’un ou quelque chose entrer dans la pièce. Il a arpenté la maison en murmurant, alors ce n’est pas un zombie. Ou alors un nouveau genre. J’en ai vu qui pouvaient crier, avant, alors que peut-être… De toute façon, qu’est-ce que ça change ? Je suis fatiguée de fuir, d’essayer de protéger une infime once d’espoir qui, de toute façon, n’est plus. J’abandonne. J’ouvre à peine les yeux quand je me sens flotter, la couverture glisse et je suis plus gênée par l’intrusion d’un courant d’air froid contre ma peau que ma probable nudité. Je sens des doigts glacés toucher mon cou à la recherche de mon pouls, ils y restent longtemps, je devine que c’est mauvais signe. Je gémis doucement car le contact m’a donné un long et désagréable frisson. J’étais si bien à dormir… J’aimerai me rapprocher plus de la chaleur de cette personne, mais je n’arrive pas à me mouvoir. Je crois comprendre que c’est un homme puisqu’il arrive à me soulever.

Il me dépose sur une surface douce, moelleuse, un lit. Je l’entends encore parler, j’essaie d’oublier sa voix pour me concentrer sur mon sommeil. Je suis si fatiguée, j’aimerais bien être seule et me renfoncer dans le noir. Mais maintenant, il y a deux voix qui m’assaillent, et j’ai encore plus froid. J’ai l’impression que des aiguilles givrés me rentrent dans la peau et me labourent principalement le cœur, le ventre et la tête. Je laisse les deux hommes à leur discussion et me recroqueville sur moi-même en poussant un gémissement bruyant. Je commence à pleurer, roulée en boule sur moi-même. J’ai tellement froid, tellement sommeil, tellement mal. Et je me demande pourquoi ils sont venus, eux ? Me tirer de mon sommeil apaisant par simple plaisir pervers ? Pour me sauver ? M’AIDER ? Ah ! Mais, sauver qui ? Ou quoi ? Est-ce qu’ils vont sauver mon bébé ? Qu’est-ce qu’ils font ici ?

J’aimerai les chasser, les frapper, les insulter mais je n’ai la force de rien, hormis pleurer comme une idiote devant eux. Je n’ai même pas réussi à protéger mon seul trésor et maintenant je quémande pitié et protection à ses inconnus ? Alors je me mets à supplier peut la seule chose qui importe : « Mon bébé… s’il-vous-plaît… mon bébé. Sauvez-le… »

Je m’écroule sur ces mots, en cachant on visage dans mes mains, je veux mon bébé, je veux rentrer chez moi. Je me mets à pleurer et à appeler successivement mon enfant, ma mère, River, même Dieu. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je ne sais plus qui je suis, ce que je fais, ce que je veux. J’ai désespérément envie de dormir, de me laisser mourir en paix, mais j’ai aussi la furieuse envie de me relever, de ma battre, mais je suis trop faible pour que le choix soit mien.

Au bout d’un court moment, je cesse de marmonner et commence à me sentir à nouveau absorbée par le sommeil, épuisée par… tout ? Mes sens s’émoussent, la douleur se fait sourde, les sons bourdonnent à mes oreilles, ma vue se trouble. J’ai soudainement peur de m’enfoncer dans le noir, j’ai peur de mourir, j’ai peur de disparaitre comme ça, comme on claque des doigts, comme on ouvre les yeux. Si vite, si communément.

La mort est si affligeante. J’ai perdu mon bébé aussi vite qu’on achète un soda et deux glaces, je me suis laissé mourir comme on se laisse emporter par un bus. Je vais mourir bêtement, seule, comme tant d’autres avant moi. Rien n’a changé, rien n’est neuf. Je vais crever bêtement, après avoir bêtement perdu mon enfant, parce que je suis allée bêtement rejoindre mon mec dans cette ville de malheur. Tout est ma faute, bien fait pour moi.
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Mer 21 Sep - 11:27
Josh m’a entendu. Évidemment qu’il m’a entendu, comme d’habitude. Pourtant aujourd'hui je ne trouve pas ça drôle. J’aurais voulu filer comme une ombre et qu’il se retrouve tout seul, peut-être pour qu’il se rende compte, qu’il ait les boules que je sois parti. Je lui en veux de me détester tant depuis l’autre jour chez les tarés, parce que tout ce que j’ai fait ce jour-là c’était me battre pour sauver sa vie. Il n’admettra jamais qu’il serait mort comme un con, Dylan et moi avec probablement. Mais c’était le cas pourtant, et si ma vie ne m’importe que peu, je refuse que quelqu’un s’en prenne à Josh. Et s’il fallait à nouveau défoncer ces abrutis, je le ferai.

Le petit soldat ne semble néanmoins pas prêt à ce qu’on se dispute encore une fois, et il s’écarte pour ouvrir la porte que je lui désigne. Avec toute la délicatesse du monde, je dépose la demoiselle sur le lit avant de me reculer. Allons bon, qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ? Petit regard à Josh qui semble aussi perplexe que moi. Je me rapproche de la jeune femme pour l’observer. Pas la moindre trace de morsure, je ne suis même pas sûr de trouver la moindre blessure. “Qu’est-ce qui t’es arrivé ?” L’inquiétude fait trembler ma voix, parce que même si aucune plaie ne vient marquer son corps, il reste tout ce sang. Est-ce qu’il y avait quelqu’un d’autre ? Est-ce que cette fille est une folle qui a zigouillé quelqu'un en s’aspergeant de son sang au passage ? Est-ce qu’elle a eu une lutte difficile avec un zombie dont elle sort traumatisée ? Trop de possibilités se bousculent dans ma tête, je me dis que nous aurions besoin de Dylan, qui se débrouille vachement mieux que Josh et moi dans ces cas où nous restons plantés comme deux imbéciles. Et brusquement, la petite demoiselle se met à pleurer, depuis quand est-elle à nouveau consciente ? Elle pleurer et marmonne des trucs qu’il faut que je me rapproche pour entendre. Son bébé. Il ne manquait plus que ça tiens, quel bébé ? Cette fois c’est carrément la panique qui me gagne quand je croise à nouveau les yeux noir de Josh. “Où il est ton bébé ? Eh tu m’entends ?”

Elle ne répond pas, elle ne fait plus que pleurer en se repliant de plus en plus sur elle-même. Sa détresse me brise le coeur et ce n’est que maintenant que je pense à tirer l’épaisse couette sur elle pour la tenir au chaud. Son corps est glacé, et si je suis toujours incapable de dire ce qu’elle a, je suis sûr qu’elle est en état de choc. Je pose une main apaisante sur le front de la jeune femme pour prendre le temps de réfléchir. Je n’en peux plus de cette apocalypse de merde, et je suis brusquement las de courir partout. Pourtant ce petit bout de femme a besoin d’aide, et comme pour donner un sens à ma survie, je la laisse avec Josh pour aller faire le tour de la maison. Allons un bébé, ça ne peut pas gambader si loin…

Je sors de la chambre et j’ai l’impression d’entrer dans une zone de guerre. Les doigts serrés sur mon flingue, le coeur battant, je m’attends à tout et n’importe quoi. Pourtant rien ne vient. J’ai beau courir dans toute la barraque, fouiller toutes les pièces, je ne tombe pas sur la moindre trace d’un bébé. Seulement du sang, du sang partout. Dans la salle de bain, j’imagine que ce sont les vêtements de la fille et je les pousse du bout du pied pour voir si il n’y aurait pas un bébé là-dedans, mais rien. Rien que le liquide rouge et collant qui tâche maintenant jusqu’à ma godasse. J’ai les nerfs de revenir bredouille, alors je continue de fouiller. J’appelle comme un con et j’essaie de prêter attention au moindre bruit, mais rien ne me frappe à part le silence intense autour de moi. Pas de pleurs, pas de cris, pas le moindre gazouillis d’un bébé. Il n’y a personne d’autre ici. Je finis par me résigner et je secoue la tête en signe d’impuissance à l’intention de Josh en revenant dans la chambre. Pas la moindre trace de ce bébé, et je ne crois pas que la jeune maman soit en état de répondre à un interrogatoire sur la localisation de son enfant maintenant.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Dim 25 Sep - 13:47
C'est la fille qui finit par briser ce silence pesant quia déjà trop duré. Elle chouine et réclame son bébé. Immédiatement, mon regard inquiet croise celui de Bruce. Vu le sang, vu l'état de la fille et vu l'état général de la ville, avoir perdu son bébé dans cette belle merde, c'est jamais bon signe. Aussitôt j'imagine très bien le scénario de l'attaque de zombies et j'imagine le pire. J'ai le cœur qui bat plus fort parce que j'aimerais me tromper, mais je n'arrive plus vraiment à espérer de bonnes choses. Alors presque avec soulagement, je laisse Bruce quitter la pièce pour se lancer dans la traque du probable cadavre. Je ne veux surtout pas voir ça.

Comme je me retrouve tout seul comme un con avec la fille qui pleure, je m'approche un peu en espérant trouver quelque chose de chouette à dire. Je n'ai jamais été bon dans ces moments là, et plus les secondes passent, plus j'angoisse en constatant que je n'ai rien de rassurant à dire. Je pourrai lui mentir, lui dire que Bruce est un bon flic, et qu'il va le retrouver son bébé, mais je n'y crois pas une seconde à ce mensonge bancal. Quand je suis juste à côté d'elle, je laisse mon fusil près de la table de nuit, et puis je m'assois au bord du lit comme si ma présence allait la consoler. J'ai envie de disparaître, de ne jamais avoir trouvé cette fille, et de dormir innocemment sur mon canapé comme si tout allait bien. J'ai envie de voir le sourire de Dylan pour me dire que tout n'est pas perdu, qu'il faut continuer de se battre et qu'un jour tout s'arrangera. Je regrette qu'elle ne soit pas là, parce qu'elle aurait peut-être su quoi faire elle, et je l'envie en l'imaginant dans la petite maison où nous l'avons laissé Bruce et moi. Je m'en veux même carrément de ne pas l'avoir réveillée, et comme pour réparer mon erreur, je m'efforce d'imaginer ce qu'elle aurait fait à ma place.

Alors je prends sur moi, je soupire doucement et puis je pose une main bienveillante dans son dos, comme elle s'est recroquevillée en boule. J'ai remarqué son petit ventre encore rond quand Bruce a posé la couette sur elle, et je réalise que ça doit être un tout petit bébé qui vient de naître. Un petit bébé qui n'a connu que ce monde en déroute, et ça me brise un peu plus le cœur. "Ça va aller, tu es plus toute seule maintenant. On va t'aider. On va le retrouver ton bébé. Repose toi." Je prends ma voix la plus sereine possible, et je suis presque soulagé d'avoir réussi à prononcer quelques mots. J'ose à peine me détendre un peu, quand la porte s'ouvre à la seconde qui suit. Je sursaute presque et immédiatement mon regard cherche celui de Bruce. Évidemment, il débarque les mains vides pour me contredire. L'effet est immédiat, je regrette aussitôt mes paroles, mon mensonge, et le mal que j'ai dû lui faire en la laissant espérer un instant. Je me sens si mal que je n'ose pas la regarder. Son bébé est mort, il faut arrêter de se mentir.

Presque avec précipitation, j'attrape mon arme et je me relève, j'abandonne mon poste, je contourne Bruce et je murmure à peine un "'vais voir autour". La vérité c'est que je fuis cet endroit, et tout le mal que j'y est fait. Il n'y a pas pire douleur que celle de perdre un enfant, et je ne veux certainement pas être là quand la pauvre fille réalisera que c'est fini pour elle. Ma propre douleur m'étouffe, comme un reflet de cette victime de l'apocalypse. J'ai à peine posé le pied sur la dernière marche de l'escalier que mes jambes se mettent à trembler. Je cherche mon oxygène, et je n'ai même pas la force d'atteindre l'extérieur que je me laisse tomber au sol contre un mur en me repliant sur moi-même pour étouffer un sanglot. Comment on a pu en arriver là ? Comment est-ce qu'on a pu autant merder ?! On ne mérite pas ça. Je veux que ça s'arrête.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 3 Oct - 1:25
Je vois le visage de Josh se décomposer et je m'en veux toujours un peu plus. Qu'est-ce que j'y peux moi, si le bébé n'est pas là ?! Je lui en veux de m'en vouloir, mais je ne dis rien parce que ce n'est pas le moment. Ce qui compte, c'est cette gamine en état de choc qui se roule en boule entre les draps. J'ai l'impression de la voir trembler d'ici, et j'en veux un peu plus à Josh quand il s'enfuit en marmonnant à peine qu'il va vérifier à son tour les alentours. Je le regarde partir avec un œil inquiet pourtant, sans rien dire alors qu'il passe la porte. Je m'approche doucement du lit où la jeune maman semble ne jamais pouvoir se remettre, et je m'assois sur le bord du lit. Avec toute la douceur du monde, je pose une main sur la tête de la jeune femme, mais je ne sais pas quoi dire. Je suis incapable de trouver les mots qui apaiseraient la douleur de cette fille. Qu'est-ce qu'on peut dire à quelqu'un qui vient de perdre un bébé ? Je décide que ce serait con de parler, parce qu'il n'y a pas de mots pour guérir une telle douleur, seulement le temps. Je n'ose plus bouger, je me demande même si la fille ne s'est pas endormie, et si le temps ne s'est pas arrêté. J'entends Josh s'écrouler en dehors de la chambre, et plus rien ne bouge. Il n'y a plus le moindre bruit, plus rien du tout. Peut-être même que le monde s'est arrêté de tourner. J'essaie d'imaginer la douleur qui m'aurait percé le cœur si jamais j'avais appris la mort de Jacob, mais rien ne vient. Cet enfant, je l'ai déjà perdu. La douleur, je la connais déjà. Sa mère l'a pris avec elle, il est parti et je n'ai plus eu de fils. La douleur, c'est elle qui m'a poussée vers l'alcool, vers ce masque si facile de vieux flic qui se fout de tout. De tout, sauf de ce satané gamin derrière la porte. Ce gros emmerdeur qui m'a niqué des tonnes de soirées à faire toutes les conneries du monde, qui a squatté mon canapé pendant des semaines entières pour fuir ses parents ou parce qu'ils étaient partis. Ce gamin qui m'est tombé dessus par hasard au milieu de cette apocalypse, alors que je passais mes journées à boire tout ce que je pouvais. Josh, je ne supporterais pas de le perdre. Je l'aime comme mon propre fils, et encore plus depuis que je n'ai plus que lui. Brusquement, je suis en colère face à son refus de me parler, et je me lève avec l'envie de lui éclater la tronche dans le mur en lui gueulant dessus comme ce jour où j'ai découvert qu'il piquait des clopes dans mes paquets quand il avait 16 ans.

La petite s'est endormie je crois, trop secouée pour faire autrement. Je remonte la couverture sur elle en essayant de ne pas la réveiller, et après avoir arrangé ses cheveux un instant, je me lève. Je suis gonflé à bloc, prêt à démolir le petit soldat relou, mais quand je passe la porte, tout retombe comme un soufflé. J'ai envie de me frapper d'avoir été si énervé contre Joshua, et je me laisse tomber comme un gros tas à côté de lui. La tête contre le mur, je soupire sans trop savoir quoi dire. A croire que j'ai perdu le sens de la parole. Je jette un petit coup d'oeil à Josh, je le vois qui retient ses larmes dans une moue obstinée pour ne pas pleurer devant moi. Comme si c'était la première fois... Je reporte mon regard sur le sol en face de moi. Un long moment passe où nous restons muets comme des tombes, et c'est quand j'ouvre la bouche pour l'interpeller qu'un bruit me fait sursauter.

Je bondis instantanément sur mes pieds et tant pis pour la séquence émotion. Il me faut à peine quelques pas pour gagner la fenêtre de la chambre et mes craintes se réalisent. Les zombies s'approchent à nouveau, ils s'écrasent un peu partout sur les murs dans leur quête de nourriture, et ils vont bientôt finir par nous trouver. « Faut qu'on se tire de là. » Je marmonne sans savoir si Josh m'écoute ou si je parle tout seul, mais je suis sûr pour une fois d'avoir raison. Doucement, je reviens vers la jeune femme pour poser une main sur son épaule. « Eh... Il faut qu'on s'en aille, ce sera bientôt envahi de zombies ici. Tu m'entends ? » Je serre doucement le bras de la jeune maman et comme elle ne semble pas réagir, je l'attrape avec la couette. Elle ne pèse pas grand chose, il ne me faut pas beaucoup d'efforts pour la soulever dans mes bras pour rejoindre la porte en priant pour que les zombies ne seront pas déjà tous dans l'entrée.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Sam 29 Oct - 0:09
Replié sur moi-même, je m'enfonce dans des souvenirs que je me force à éviter. Pourtant, quand je me rappelle ces petites joues rebondies, gonflées par le bonheur, ces yeux noisette pétillants de vie, et ces petites mèches blondes rebondies qui encadraient ce beau visage d'ange, j'échappe à la douleur du présent. Je sais bien pourquoi ce souvenir me vient maintenant. Parce que moi aussi, j'ai failli être papa un jour, moi aussi j'ai traversé cette douleur innommable d'enterrer son propre enfant pas encore né. Je resserre un peu plus la prise sur mes jambes pour me rouler un peu plus sur moi-même. Ce n'est pas à ça que je veux penser. Les larmes ont cessé de couler sur mes joues encore humides, et j'ai le regard perdu dans le vague alors que je fais un bilan de ma vie passée sans vraiment m'en rendre compte. Je crois que je m'occupe comme je peux pour échapper à cette réalité trop difficile pour moi.

Bruce interrompe mon échappatoire en surgissant soudainement alors que je me rappelais la fois où j'ai pris le risque de demander à Emily de sortir avec moi, juste parce que je me faisais chier en cours de math. Je ne réagis pas à la présence du policier, et je me rappelle comment la peur et l'excitation m'avaient déchiré le ventre en même temps, et comment j'avais trouvé ça énormissime pourtant. J'aurais aimé rester ce petit garçon innocent qui profite de la vie comme elle vient. J'ai eu mes moments de douleur pourtant, comme cette fois là où je me suis retrouvé seul, perdu et désespéré en France, jusqu'à ce que Bruce accourt pour venir me chercher. Bruce, il a toujours été là pour moi. Il a été mon meilleur ami, mon frère, ma nounou, mon père, ma mère, tout à la fois. Je souffre de lui imposer cette distance froide, et pourtant je n'arrive pas à diminuer la colère sourde que je lui voue depuis qu'il m'a sorti de l'enfer.

Sans m'en rendre compte, je fais courir mes doigts sur la marque de brûlure laissée sur mon bras par Bruce et Dylan. Je ne lui accorde pas un regard, mais je suis reconnaissant envers Bruce qui ne dit pas un mot. Sa présence m'agace moins maintenant, malgré notre nouvel échec. Je suis résigné désormais, il faut faire un trait sur notre grand projet héroïque. Nous ne sommes que des survivants comme les autres, bons à rien sinon à sauver nos fesses comme on peut. Tant pis pour le malheur des autres, tant qu'on peut se préserver du notre. Je ne peux pas m'empêcher de penser à mes parents, et je me demande s'ils seraient fiers de moi. J'espère qu'ils sont dans un monde meilleur, et ça m'arrache un soupir. Quelle tristesse de devoir souhaiter la mort de ses propres parents pour leur éviter de voir toutes ces horreurs. Inévitablement, je me demande si je ne serais pas plus heureux en étant mort. Néanmoins, je n'ai pas le temps de débattre de la question. Un bruit soudain nous a tiré de nos songes.

Bruce bondit sur ses pieds, alors je le laisse aller vérifier. Je regrette cette perturbation brutale, et je serre un peu plus mes jambes repliées sur moi-même, comme si ça allait me rendre invisible. J'aime cette pièce, sombre et silencieuse, le calme qu'elle m'offrait était apaisant. Voilà que d'après le policier, des zombies anéantissent ce nouveau refuge en un instant. Ca doit être grave, parce qu'aussitôt après m'avoir averti, il va chercher la fille au lieu de la laisser se reposer. Aussitôt, c'est mon tour de bondir. Puisque le danger est proche, je ne peux pas m'empêcher de penser à Dylan, que l'on a laissé dormir dans une maison un peu plus loin, seule et inconsciente. Mon coeur se serre aussitôt, parce que je l'aime bien et que je ne veux pas être responsable de sa perte après l'avoir abandonné. Alors j'attrape mon fusil, et sans attendre Bruce je me dirige vers l'entrée.

Dé de réussite (tir) : 9 + 9 = 18 (réussite totale)

Effectivement, ils sont nombreux. Comme le soir est tombé, j'ai plus de mal à les distinguer dans la pénombre, mais je devine leur nombre aux grognements sonores qu'ils font en me voyant. Ils sont trop proches, comme je vois Bruce qui arrive avec la fille dans les bras, je devine qu'il ne pourra pas les semer si facilement. Alors pas le choix, malgré le bruit de la détonation, je tire dans le tas pour repousser les plus voraces et les plus proches. "Allez !" Comme la voie est dégagée, je fais signe à Bruce de se magner. Le bruit du coup de feu a résonné dans tout le quartier, et j'en ai moi-même mal à l'oreille.

Dé de réussite (fuite) : 1 + 3 = 4 (échec total hum)

Je regrette même mon tir quelques minutes plus tard. Bruce est passé, et je repousse un dernier zombie d'un coup de crosse dans la tronche avant de tourner les talons. Dieu me pardonne pour cette erreur, parce que l'instant suivant ma mâchoire manque de heurter le sol à quelques centimètres près. Je n'ai pas eu le temps de sentir la main du zombie au sol se refermer sur ma cheville. Ce sale batard s'est accroché férocement, et la panique me prend quand je réalise que j'ai lâché mon arme pour me rattraper dans ma chute. Par chance, mes réflexes de soldat me sauvent la vie alors que je frappe le zombie incriminé dans la tête avec mon pied libre. Je frappe avec force, détermination et colère. Je pousse un juron, et j'ai peur que Bruce soit déjà loin. Je vois les autres zombies arriver tout droit vers moi, j'entends leurs grognements énervés comme s'ils étaient déjà en train de me grogner dans l'oreille, et tandis que l'odeur de pourriture me retourne l'estomac, la peur, profonde et vicérale, m'arrache un cri de détresse. "Bruce !" J'ai les yeux rivés sur les monstres qui m'approchent, je rampe comme je peux vers mon arme pour m'en saisir au plus vite, mais je ne suis pas sûr d'être assez rapide. J'ai peur ! Je ne veux pas mourir ! Ca va faire mal ! Il faut que je me casse d'ici ! Il faut que je m'en sorte putin !!

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Dernière édition par Joshua Atherton le Sam 29 Oct - 0:25, édité 1 fois
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Sam 29 Oct - 0:09
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Ven 11 Nov - 2:41
Je porte la fille en faisant attention de bien enrouler la couette pour ne pas me prendre les pieds dedans. Ce serait vachement nul comme mission de sauvetage si je venais à m’écrouler malencontreusement avec la demoiselle en détresse dans les bras. J’essaie de lui balancer des paroles réconfortantes en même temps que je dévale les escaliers pour gagner la sortie. Il ne faut pas rester là, et je crains que nous ne soyons déjà sacrément dans la merde. On aurait du partir tout de suite, retourner chercher Dylan et se casser d’ici. Dylan, la pauvre, je ne pensais pas qu’elle resterait seule si longtemps, et j’espère sincèrement qu’elle ne s’inquiète pas trop. Je l’aime bien cette petite, et ça me ferait bien chier qu’il lui arrive quelque chose. Surtout aussi bêtement.

Je pose à peine le pied sur le sol que mes oreilles implosent. Josh a tiré avec son fusil, et je l’entends qui me crie dessus pour que je sorte. Il a dû dégager un chemin mais à quel prix ? Avec la fille dans les bras, impossible pour moi de récupérer mon arme, sans savoir combien sont les zombies autour, c’est une mission suicide. Je me précipite pourtant vers la porte et je m’engouffre à l’extérieur de cette maison de la mort, en emportant la petite inconnue avec moi. J’essaie de ne pas lui cogner la tête contre l’encadrement de la porte, et je cours. La voie est dégagée, il ne faut pas perdre de temps. Je sauve cette jeune femme désespérée pour une fois que je peux sauver quelqu’un. Pour une fois qu’une personne n’essaie pas de me braquer, pour une fois que je peux être un tout petit peu utile, je le fais à fond. Je suis déjà prêt à la protéger au péril de ma vie, la ramener en sécurité pour demander de l’aide à Dylan. Dylan c’est une fille aussi, elle saura toujours mieux quoi faire que nous, pauvres débiles face à la maternité perdue de la blonde que je porte.

Je cours en évitant les zombies par miracle, et c’est un cri qui me fige brutalement. Je n’ai pas besoin de plus pour comprendre. Je me retourne aussi vite que je le peux et mon sang ne fait qu’un tour. Josh est tombé. Quel con mais quel con ! Je ne sais plus si c’est la peur ou la colère qui fait battre mon cœur, les deux en même temps peut-être. Il appelle mon prénom et je vois très distinctement toute la détresse du monde dans ses yeux. J’aimerais être un héros, pourtant je suis incapable à ce moment précis de sauver la demoiselle en détresse. Pire, je l’abandonne même sur le sol, bien enroulée dans sa couette. J’ai le temps. J’ai le temps de courir, de récupérer Josh et de repartir. On peut le faire si je n’hésite pas, et je n’hésite pas. Je suis peut-être la pire ordure du monde, mais je choisis Josh. Je choisis le gamin que j’ai vu grandir et presque élevé, je choisis de risquer la vie de la jeune maman et la mienne, pour le sauver lui. Au moins essayer.

[Dé d'arme à distance : 18 + 9 = 27. Réussite les yeux fermés]

Je me détourne de la jeune femme pour courir à nouveau vers Josh. Il rampe comme un débile vers son fusil qu'il a laissé tomber et je vois avec horreur les zombies se rapprocher de lui. Il en arrive de tous les côtés, comme dans un NENUFAR ! de cauchemar. Mais je refuse de me laisser faire, je refuse de les laisser me prendre la seule personne qui me reste. Même s'il boude, même s'il me déteste et s'il ne veut plus se battre pour sa survie, ce ne sera pas la première fois que je vais contre son avis. J'arrache presque mon flingue à ma ceinture et je prends à peine le temps de m'arrêter pour viser. J'aurais été vraiment nul si j'avais raté à une si courte distance. La tronche du zombie le plus proche de Josh explose, et son corps qui s'effondre devant ses petits camarades me donne une seconde de sursis.

[Dé de fuite : 15 + 2 = 17. Réussite totale #swag]

Une seconde, c'est plus qu'il ne m'en faut. J'attrape Josh par le bras et je le soulève sans difficulté. L'adrénaline fait vibrer mon corps. Un peu plus et j'arracherais mon t-shirt pour dévoiler le logo de SuperBruce. Je le soulève et comme je ne suis pas sûr qu'il soit en état de courir, je le traîne derrière moi. « Allez bouge ! » Je ne lâcherais son poignet pour rien au monde, pourtant je lui parle sur un ton sec et presque brutal. Je lui en veux d'être aussi con ! On a pas idée de se vautrer au milieu d'une horde de zombies ! Je serais presque prêt à m'arrêter pour l'incendier, parce que j'ai cru mourir de peur. Je ne supporterais pas qu'il lui arrive quelque chose, surtout pas. Je veux qu'il vive, je veux qu'il aille bien, je veux l'entendre raconter des conneries comme avant, même s'il était le gamin le plus relou de la Terre. Je veux tout ça parce que même si ça me fait chier de l'avouer, je l'aime. Je ne supporte plus de le voir sombrer dans cette apocalypse sans fin, alors c'est maintenant que je le décide, je ne le laisserai plus faire. Je l'entraîne avec moi et nous prenons un tout petit peu d'avance sur les zombies. Ce n'est pas assez pour pouvoir faire une sieste ou avoir une discussion père-fils, mais juste assez pour que je puisse attraper la Belle au bois dormant et sa couette. On court comme des débiles pour échapper à tous les cadavres ambulants à nos trousses et finalement on se débrouille pas si mal. La maison que nous occupons avec Dylan - qui dort toujours en paix, heureusement - ne semble pas intéresser les zombies. Du moins pas pour le moment, alors on se dépêche de rentrer et quand enfin je referme la porte en appuyant mon dos dessus, je respire. Nos réflexes de survivants poussent Josh à barricader un peu la porte pendant que je me dirige vers le canapé pour poser là la petite blonde et détendre mes bras qui commencent à tétaniser. Une seconde passe et c'est le silence qui s'installe. Toujours ce même lourd silence depuis que nous sommes en guerre Josh et moi. Silence que je finis par briser en râlant sans pour autant réussir à masquer tout à fait la terreur qui m'a secouée quelques secondes plus tôt. « Me refais plus jamais ça.. »

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Dernière édition par Bruce McKinney le Ven 11 Nov - 3:13, édité 1 fois
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Ven 11 Nov - 2:41
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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Lun 21 Nov - 17:50
Je frappe de toutes mes forces avec mes pieds et je tire sur mes bras pour me sortir de là. Je n'ai jamais été plus motivé que maintenant pour ramper dans la boue. Je m'arrache presque l'épaule pour attraper mon fusil qui n'est qu'à quelques centimètres de moi, mais j'ai beaucoup trop peur de tourner le dos aux zombies qui s'approchent pour avoir mon arme complètement. Je vais jamais m'en tirer.

J'ai envie de pleurer alors que je vois mon destin tout tracé s'accomplir. Je sens déjà les dents de ces pourritures me déchirer et je renifle pour retenir un sanglot. Ce n'est certainement pas le moment d'abandonner. Même si j'ai l'impression de remuer comme un escargot, même si mon cœur bat si vite qu'il me fait mal, je m'accroche à la vie comme jamais.

La peur viscérale qui m'a prise soudainement m'a arraché un nom, parce que je sais que je ne vais pas m'en tirer seul. J'ai beau me débattre, ces bâtards zombifiés sont presque aussi déterminés que moi, et surtout bien plus nombreux. Je me revois quitter la cachette que nous avions choisi pour la nuit, et je m'en veux d'avoir eu cette idée stupide de suivre Bruce. Je me maudis pour toutes les mauvaises décisions qui m'ont conduit à cet instant précis, et quand je serre les dents pour me préparer à l'assaut, c'est un coup de feu qui me fait sursauter. Le zombie qui s'écroule sur moi me fait faire une crise cardiaque, et il me faut un instant pour réaliser qu'il ne s'est pas jeté sur moi pour me mordre, mais parce qu'il a le crâne explosé. Je le pousse de toutes mes forces, malgré mes muscles douloureux et mon bras encore meurtri. J'y consacre toute ma volonté, et quand je suis enfin dégagé et que ma main se referme sur mon fusil, je sens la main de Bruce se refermer sur mon bras.

Il me déboite presque l'épaule en me soulevant, et pourtant je ne pourrais jamais lui en être plus reconnaissant. Une fois sur mes pieds, je me sens beaucoup mieux. Je ne jette même pas un regard dans mon dos et je trace aussi vite que je peux. Bruce récupère la fille, et je prends un instant pour me retourner et frapper un zombie qui s'approche de trop près. La horde entière est agitée maintenant, et il faut donner tout ce qu'on a pour atteindre la cachette où nous avons laissé Dylan avant que les zombies nous rattrapent. Je me jette sur la porte sans retenue, et quand Bruce est passé, il s'empresse de la refermer pendant que je pousse déjà un meuble vers lui pour empêcher les pourris les plus rapides de se jeter dessus - pure précaution.

Ce n'est que lorsque le silence s'installe à nouveau que je réalise mon état. J'ai du mal à reprendre mon souffle, je tremble encore, j'ai mal partout, et je suis couvert de terre et de sang. C'est la deuxième fois que je me vois mort en trop peu de temps. Ça devient beaucoup trop dur pour moi. Les grognements des zombies affamés raisonnent encore dans ma tête, et je n'ose pas décrisper mes mains de mon fusil jusqu'à ce que Bruce murmure une phrase à mon encontre. Je tourne brièvement la tête vers lui, et quand nos regards angoissés se croisent, je baisse aussitôt les yeux. "Désolé... Merci..." Je marmonne un peu confus, et puis je m'empresse de trouver refuge dans un coin de la pièce pour me faire oublier de tous et de tout. Bruce ne rajoute rien, par bonheur, et se contente d'allonger la pauvre fille que nous avons récupéré sur le canapé. Je me demande ce que l'on va faire d'elle, et ce que va dire Dylan, mais je ne dis pas un mot. Il me faut un moment pour retrouver un semblant de calme. J'observe un instant la pauvre fille allongée sur le canapé, et je me sens vraiment désolé pour elle. Elle a probablement tout perdu, et je ne sais pas ce qu'on peut lui apporter de réconfortant. On est nous même dans la galère, toujours un peu plus chaque jour alors que nos provisions diminuent. Et puis comme le spectacle ne m'inspire aucune pensée positive, je décide de faire le tour de la maison, en jetant des coups d’œil discrets aux fenêtres pour m'assurer que tout va bien dehors. Je frisonne à nouveau en observant quelques zombies passer, et je ne peux pas m'empêcher de repenser à la mort atroce que je viens de rater.

Je finis par décider de me changer pour me forcer à passer à autre chose. Je fouille les placards de la maison, et puis je finis par trouver des trucs qui me vont pas trop mal, par chance. A une époque, j'aurais pu faire le con et enfiler une robe pour détendre l'atmosphère. Aujourd'hui, l'idée ne m'effleure même pas l'esprit. J'abandonne mes affaires souillées dans un coin - de toute façon on sera partit d'ici demain, et puis je redescends pour retrouver Bruce. Il n'a pas bougé et veille sur la fille. "Tu dors pas ?" Ma question est un peu stupide, mais je l'interroge surtout pour signaler ma présence. Je ne sais pas trop pourquoi je suis revenu au lieu d'aller dormir. Ça fait longtemps que j'évite de me retrouver seul avec Bruce pour ne pas avoir à trouver quelque chose à dire. Je regrette un peu l'immobilité silencieuse de la fille pendant un instant, mais elle a probablement besoin de repos. Alors pour amorcer un semblant d'enterrement de la hache de guerre, je glisse une clope entre mes lèvres et j'en tends une à Bruce, en espérant qu'il comprenne l'intention.

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Re: [Mi-Juillet] Sorrow.   
Jeu 24 Nov - 13:05
Je prends un plaisir coupable à laisser le monde vivre sa terrible vie derrière mes paupières closes. Je me laisse ballotter sans me préoccuper ni des autres, ni de moi. Je dors. Simplement. En espérant que le temps de l’oubli vienne vite, qu’il m’emporte et me laisse sur un rivage tranquille. En espérant qu’après ce somme, je me réveille dans le monde d’avant. En espérant que les nerfs de mes muscles engourdis par le froid m’oublient un instant, le temps de m’endormir assez profondément pour ne plus jamais me réveiller. Mais la réalité est rude. Il faut ouvrir les yeux. Se réveiller. Se mouvoir. Continuer d’avancer pour souffrir encore et encore et encore.

Je me redresse, atterrée d’avoir survécu. Soulagée, même, et je me sens coupable de vouloir encore vivre après avoir failli. Je suis sur le canapé mais ce n’est plus la même maison. Enroulée dans une couverture un peu trop fine à mon goût, je suis nue comme un ver. Deux hommes se font face, je découvre leurs visages, ayant préféré dormir pendant les premières minutes de notre rencontre. J’ai un peu honte, d’ailleurs je me sens rosir. Je crois les avoir interrompus en plein échange de cigarettes. Après un aller-retour des yeux entre les deux, aucun n’ayant décroché un mot, je sens une lourde chape me tomber sur le dos.

« Je… Excusez-moi. »

Je file en vitesse, prenant soin de ne pas finir les fesses à l’air devant eux. A l’étage, je me dirige vers une porte fermée, dans l’espoir de m’habiller. Une fille dort. Je quitte immédiatement la pièce, de peur de la réveiller. Dans l’autre chambre, je trouve des vêtements d’homme, un peu trop larges mais assez pour enfiler un t-shirt et un pantalon. Il y a une grosse veste qui sent le renfermé, je décide de la descendre avec moi pour demander si je peux l’emprunter. Je ne compte pas rester avec eux, je ne compte pas rester avec quiconque. J’ai l’impression qu’interagir, c’est mourir. Un peu plus.

Je me rappelle de mon premier gros chagrin, dans ma huitième année, ou la septième peut-être, j’avais perdu mon chien, un gros labrador aussi large que long. J’avais été tout bonnement incapable de pleurer. J’étais vide. Pendant plusieurs jours, ma tristesse s’était faite fatigue et je vivais au ralenti, alternant entre sommeil et inattention. Je crois que je peux affirmer qu’aujourd’hui, je me sens vraiment vide. Au sens littéral du terme. On m’a enlevé tout, absolument tout. Sans un mot, je cherche et vole des habits dans une maison inconnu, je ne pleure pas, je ne crie pas, je ne fais rien, à part continuer comme avant. Bêtement.

Après un certain temps, j’ai tout ce qu’il me faut, je redescends dans le salon où je retrouve les deux hommes. J’ai l’impression qu’il faut une dizaine de degrés de moins. Avec soin, j’évite les regards. Il faut que je m’excuse et les remercie. Et puis partir. Fuir ?

« Merci pour tout à l’heure, je… ma voix me semble lointaine, plate. Etrangère. Je suis désolée de voir avoir causé autant de problèmes. »

Je pose la veste sur le bord du canapé, j’ai presque envie de demander une cigarette, il paraît que ça détend ? J’ai soudainement envie de faire tout ce que mon éducation de gentille catholique m’a interdit : fumer, boire, ne pas aider mon prochain, cracher à la figure de mon sauveur. Après tout, j’ai respecté chaque règle que Dieu m’a prétendument fixé, j’ai prié, j’ai été respectueuse et dévouée, mais si Il existait, qu’ai-je fait pour mériter un tel sort ? Obéissante et jamais rebelle, me voilà punie de la pire des façons. Je peux bien aller en Enfer pour blasphème, je m’en fiche. Ça ne saurait être pire que ma vie.

« Je n’ai rien à vous proposer en échange mais si vous acceptiez de me laisser la veste ça m’aiderait, s’il vous plaît. »

Pour l’instant, il n’y a que le destin qui m’a fait faux bond. Les survivants, eux, ont été assez sympa pour l’instant, alors naturellement, je tente ma chance. Je n’ose pas leur dire clairement que je compte filer dès qu’ils auront le dos tourné. Parce que j’ai vu la jeune femme dans la chambre, parce que je n’ai simplement pas envie de m’attacher à quelque chose ou quelqu’un pour ensuite le perdre.
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