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 [octobre 2025] Devoirs de vacances
Alexis Dawson
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[octobre 2025] Devoirs de vacances   
Ven 9 Déc - 15:14
« Je… »

Je pose un regard sur mes mains, même pas de gants, de protection, rien. Le sang mettra un temps fou à partir, les souvenirs bien plus encore. Je me frotte les mains contre mon jeans élimé dans l’espoir d’enlever un peu de sang pour poser une poigne douce sur l’épaule d’un grand type. Je passe mon autre bras devant son torse et je le serre contre moi. Il ne bouge pas, simplement figé là, comme s’il ne pouvait pas croire ce qu’il lui arrivait.

« Je suis désolée… c’est fini… »

Il gémit, je sais qu’il doit l’entendre, j’aurais donné cher pour ne pas être celle qui lui enfonce cette vérité dans le crâne, mais il le fallait. Je serre ce grand homme contre moi, il pourrait me tordre le cou d’une main, me briser les os, mais au lieu de cela, il s’agrippe à moi comme si j’étais son seul réconfort, la seule personne au monde à pouvoir le sauver, je dois me battre contre mes sanglots avant de lui murmurer : « il est mort. »

Je ne m’y attendais pas, il pousse un hurlement déchirant qui s’étire sur la route et s’évanoui au loin. Je prends sur moi pour ne pas fondre en larmes, je prends cette homme qui n’est plus un père à présent, cet homme qui me semble être un double de moi tant son chagrin est intense. Je le soulève à bras le corps pour le ramener au camp. Avant de partir, je me retourne une dernière fois. Il s’est jeté au secours de son enfant avec un simple couteau et a supprimé à lui seul cinq zombies. Mais ça n’a pas suffi, et un massage cardiaque, la seule chose que j’étais capable de faire, n’a pas ramené tout le flanc droit qui lui manquait. Mais je l’ai fait quand même. Avec espoir, avec désespoir, avec pitié, peut-être. Mais ça n’a pas été suffisant. Ça ne l’est jamais. Et je me demande combien de personnes encore je laisserai mourir. Peut-être que le suivant sera River ?

Une heure plus tôt, un très jeune ravitailleur est venu me chercher, il semblait paniqué, il fallait tout de suite que j’aille à l’abord du camp, sur une petite route de campagne. J’ai saisi rapidement du désinfectant et des bandes et on s’est élancés. Je lui ai hurlé d’appeler en renfort des sentinelles, parce que c’était aussi elles qui se chargeaient des… cadavres. J’ai tout de suite su que ça ne servirait à rien, cette marre de sang, cet homme recroquevillé la main sur la plaie, mais il fallait que je le fasse.

En partant, je demande au jeune garçon de m’aider, il ploie sous le bras du colosse, mais il faut que je prévienne les sentinelles. Il n’y aurait pas pire que de croiser la démarche tremblante de son enfant, plus tout à fait vivant, mais pas mort non plus. Cette fois, je leur demande de me laisser y assister. Je débarrasse le poignet du gamin de sa montre, une petite montre enfantine, bleue nuit avec un cadran jaune d’œuf. Je la mets dans ma poche dans le but de la rendre à ce pauvre homme. Et pendant que l’odeur âcre de la chair brûlée me fait pleurer les yeux, je monte mon plan.

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Je serre la main contre la petite montre d’enfant, le tissu rugueux me chatouille la paume. Dans l’autre, je traîne ma pioche. Tous les ravitailleurs sont partis et au début, les gardes ont refusé de me laisser sortir, je suis la seule personne qui occupe l’infirmerie, Sara et Seth étant toujours occupés ailleurs. On me voit comme un objet précieux. Je leur explique la situation, mais ils me proposent d’envoyer quelqu’un dès que possible. Alors je commence à m’impatienter, nous finissons par trouver un deal avant que je n’hurle sur tout le monde : j’irais armée et si je ne suis pas rentrée dès le coucher du soleil, ils enverront des ravitailleurs à ma suite. J’obtempère et leur donne mon itinéraire en détail, ainsi que mon estimation de temps de marche. J’ai envie de leur foutre ma pioche entre les deux yeux, mais ce serait encore à moi de les soigner, alors autant me taire et accélérer les choses. Un des deux insiste aussi pour me filer une grosse veste large, elle ne sent pas bon mais dès que je quitte la pièce, je le bénis.

Mon souffle forme de longues volutes de condensation. Je m’amuse à faire comme si je fumais pour faire passer le temps plus vite et penser à autre chose que mes doigts de pieds gelés. Malgré tout, le froid de canard qui règne sur la ville m’a faite arriver tôt, je consulte ma montre, treize heure une. Soit une bonne demi-heure d’avance sur ce que j’avais prévu. Les fenêtres de la librairie sont presque toutes explosées, alors j’essaie de rentrer discrètement, sans faire crisser de verre sous mes pieds. Je consulte le plan dans un silence religieux, comme si une entité sacrée vivait dans les livres, comme elles vivent dans les églises. Je souffle sur mes doigts fermés autour de mes mains, j’ai peur de faire tomber les livres à force de trembler. J’en prends trois, un sur les premiers secours, un sur la médecine traditionnelle et un autre sur les méthodes de cautérisation et de couture de plaies. Ils sont énormes, la police est minuscule et je pose les deux plus gros pour me concentrer sur le plus petit. Je décide de le lire ici, et de ramener les autres avant la tombée de la nuit.

Je m’installe confortablement sur une chaise pas loin, les fesses congelée par le bois froid. Il règne un parfait silence, tellement parfait qu’il m’effraie. Je reste figée, à moitié déconcentrée, guettant tout bruit qui briserait cette cathédrale muette. Droite sur ma chaise, j’assimile, note dans un petit carnet et tourne les pages lentement. Heureusement, c’est un fascicule assez léger et quand je regarde l’heure, il me reste pile le temps de rentrer avant d’alerter tout le camp sur ma disparition. Une tension dans mon dos me rappelle celle qui m’habitait après de longues heures à survoler mon piano. De temps en temps, je me surprends à en répéter les gestes, inlassablement je joue dans le vide un air qui n’existe que pour moi. Ça me manque, ça me manque tellement que je ressens un vide de plus dans mon cœur, une partie de ma vie qui s’effrite. De longues années de pratiques anéanties par un désastre qui m’a pris mon enfant, ma vie et mon piano.  

J’emporte les livres avec moi, il est temps de quitter cet endroit aussi calme qu’effrayant. Je prends soin cette fois encore de ne pas faire de bruit pour ne pas déranger le repos des cadavres que j’essaie d’ignorer. Je fais comme s’ils n’existaient pas. Ne pas les voir, c’est ne pas ressentir le poids de chaque vie enlevée, vie qui aurait pu être la nôtre, celle de River, celle de Sara…
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